Le 8 mars dernier, l’une des dernières enquêtes de l’Apec, intitulée 40 ans, femmes et cadres : un certain regard sur la réussite, a été publiée. Au cours d’entretiens avec 16 femmes cadres, entre 40 et 45 ans, l’Apec entend donner un point de vue sur la perception qu’ont, aujourd’hui ces cadres ?au féminin? de leur carrière et de leur réussite. Au vu du petit nombre de femmes interrogées, ce compte-rendu vise a proposer un regard, non-objectif, mais pas inutile pour faire avancer le débat !
Avancée ? Recul ? Quand on sait que l’adaptation au parcours de vie des femmes sera un des grands enjeux du marché du travail dans les années à venir - notamment dans les secteurs où la demande fait défaut -, ça valait la peine de se poser la question !
Une carrière au feeling
Un des premières choses qui frappent dans le compte rendu de cette enquête, c’est la façon dont ces femmes gèrent leurs choix de carrière : ce sont les contraintes de la vie personnelle qui définissent des choix déterminants pour leur carrière professionnelle. Le premier job par exemple, s’avère souvent le fruit du hasard. L’évolution se fait ensuite, non pas de façon stratégique pour atteindre un but donné mais au feeling, avec des impératifs personnels et professionnels intrinsèquement liés. Avant toute chose, elles avaient déterminé un secteur d’exercice - selon leurs goûts, leur plaisir - plus qu’un métier et semblent attribuer une partie de leurs réussites à la ?chance?.
Certaines cependant s’attachent à provoquer la chance et réagissent aux opportunités qui se présentent : on peut les qualifier de ?pro-actives?, leur position face à leur carrière se rapprochant de celle des hommes. Le deuxième modèle féminin serait plus ?opportuniste? : elles répondent aux opportunités plus qu’elles ne les provoquent mais manifestent tout de même une certaine ambition. Enfin, les ?suiveuses? calquent leur carrière sur les aléas soit de leur vie privée, soit de la vie de l’entreprise où elles évoluent. Un point commun à toutes cependant, le refus de la notion de carriérisme...
Un maître-mot : l’harmonie
Ce que ces femmes interrogées appellent réussite est une interaction harmonieuse, un équilibre trouvé entre leurs choix professionnels et personnels. Elles ont, encore et toujours, à prendre en compte des contraintes qui ne concernent pas les hommes (désir d’enfant). Si elles ne sont pas satisfaites, en phase avec leurs désirs, les objectifs qu’elles se sont fixés, elles ne parleront pas de réussite.
Bien évidemment un mieux est toujours possible et selon l’enquête « leur réussite est relative, lorsqu’elles considèrent qu’il leur manque encore des responsabilités notamment managériales et la reconnaissance par le titre. »
Bonne nouvelle cependant - mais assez surprenante au demeurant -, elles s’accordent quand il s’agit de relativiser le plafond de verre ! Les hommes sont certes privilégiés, mais également plus disponibles. Toujours cette même interaction vie privée - vie professionnelle. Qu’elles assument !
La question qui se pose maintenant c’est de savoir comment les femmes cadres de demain aborderont leur carrière. Il est fort à parier que, comme leurs aînées, elles n’entendront pas renoncer à leurs valeurs, l’harmonie entre leurs attentes personnelles et leurs obligations professionnelles et surtout pas à la perspective d’une belle carrière ! Allez dire ça aux jeunes femmes de la Génération Y ! Il faudra sans doute s’attendre à ce que l’entreprise se conforme mieux aux besoins des femmes, se pose vraiment la question d’un emploi du temps de cadre adapté aux contraintes de la maternité, sans ségrégation ni marginalisation pour autant. Mais aussi de la paternité ! Car ce qui autrefois ne s’appliquait qu’aux femmes tend à concerner et intéresser les hommes toujours plus. Réussite n’irait plus sans équilibre entre vie privée et professionnelle, quoi qu’il advienne et pour tous...












