Le féminisme existe depuis toujours et n'a fait autre chose que de lutter contre l'usurpation masculine de l'universalité. Selon cette définition, l'identité humaine n'est pas composée de deux identités, féminine et masculine, mais bien d'un humain unique qui se différencie en homme ou en femme.Les analyses, plus pragmatiques, du féminisme américain, plus radical, naissent de la distinction entre le sexe et le genre. Elles posent que l'être humain est universel donc que l'identité sociale du genre féminin ou masculin est la résultante historique de l'oppression d'un sexe sur l'autre.
Le premier type d'analyse, plus européen, met l'accent sur le fait que, dans les phases révolutionnaires des sociétés humaines, la présence massive des femmes a été significative. Mais, avec le retour à l'ordre, elles sont à nouveau exclues. Il en découle que les hommes, qu'ils soient conservateurs ou révolutionnaires, politiciens ou philosophes, législateurs ou saints, ne veulent pas gouverner avec les femmes ce qu'ils ont créé avec elles. La raison en serait qu'ils entretiennent avec le pouvoir un rapport primaire de primate dérivant d'un véritable besoin de représentation symbolique. La raison ultime de l'exclusion des femmes résiderait donc dans ce "pouvoir" que les hommes considèrent comme leur "expression suprême" donc refusent de partager.
Selon un autre courant de la pensée féministe, l'approche du problème est essentiellement de nature socio-économique et tient à la répartition des rôles entre les sexes. Selon cette théorie, le désavantage des femmes dans les sociétés tiendrait à ce que sont les hommes qui, historiquement, devaient pourvoir à la nourriture. Les femmes, occupées à la reproduction, au maternage et aux travaux domestiques qui entourent ces fonctions, ne se seraient jamais vues reconnaître l'importance, jugée marginale par les hommes, lointain héritage des sociétés de chasseurs de la préhistoire, de ces fonctions et de ce "travail invisible". Lorsqu'elles entrent massivement sur le marché du travail, au XXème siècle, sans avoir le pouvoir d'en négocier équitablement les règles, elles se trouvent contraintes à subir ce qu'on leur impose, d'où la nécessité de repenser radicalement les fondements de la vie sociale commune aux hommes et aux femmes. Mais cette théorie, intéressante pour règler des problèmes concrets dans le monde du travail, achoppe sur la question du partage... du pouvoir.















