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Maroc : Droit des femmes, l'heure de rendre des comptes

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Gouvernement et partis politiques sont interpellés par les ONG féminines


La Ligue démocratique pour les droits des femmes (LDDF) a tenu à Casablanca, le vendredi dernier, un débat relatif à la situation des femmes sur les plans économique, politique et social. La LDDF, dirigée par la militante des droits de la femme, Fouzia Assouli, a essayé d'innover.

Elle a voulu que ce bilan relatif à la situation de la femme ne soit pas fait selon un compte rendu traditionnel. C'est à cette fin qu'elle a invité un représentant du gouvernement, des représentants de quelques partis politiques et des acteurs de la société civile. La LLDF voulait, par cette démarche, amener le gouvernement et les partis politiques à rendre compte de ce qu'ils ont réalisé et de leur manquement concernant les droits de la femme. Il était donc prévu qu'un représentant de la Primature, Farida Khamlich, chargée de mission auprès du Premier ministre (mandaté par le Premier ministre à cette fin) assiste à cette rencontre et fasse un exposé sur les réalisations du gouvernement à ce sujet. Mais cette dernière s'est excusée à la dernière minute pour des raisons de santé. De même, les représentants de deux groupes parlementaires n'ont pas assisté à ce débat.

Il s'agit du représentant du groupe parlementaire Alliance des forces progressistes démocratiques (alliance regroupant le Parti du progrès et du socialisme et le Front des forces démocratiques) et le représentant du Parti socialiste unifié.
Ces absences ont poussé la présidente de la LDDF, Fouzia Assouli, à être très critique à leur égard.

«Nous nous attendions à un bilan à exposer par un représentant du gouvernement. Mais cela ne sera pas possible à cause de son absence. Nous voulions suivre une nouvelle démarche, celle d'amener les différents responsables à rendre des comptes. Mais la culture de la responsabilité ne semble pas pour aujourd'hui. Il faut encore du temps pour que cette culture soit activée », a-t-elle déclaré.

La LDDF cherchait à ce que le gouvernement se défende et ait à s'exprimer pour souligner les avancées réalisées dans la défense des droits de la femme. Mais aussi pour relever ce qui traîne encore. En ce qui concerne les partis politiques, la LDDF voulait voir où en sont les engagements des partis qui s'étaient déclarés pour la cause féminine à la veille des élections législatives.
Car, l'association avait approché différents partis politiques avant ces élections et leur avait soutiré des engagements pour défendre « la plate-forme citoyenneté responsable ». Cette plate-forme proposée par l'association contenait une panoplie de propositions en faveur des droits des femmes.

Latifa El Bouhssini, chargée de mission au ministère chargé du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, a souligné l'importance du processus constaté dans la forme d'action de la société civile. « La société civile est passée de la culture de la protestation à la culture de proposition. Aujourd'hui, avec la LDDF, c'est une nouvelle culture qui est amorcée, celle de rendre des comptes.
Ce qui dénote de la bonne évolution et des actions de la société civile. Toutefois, je pense qu'il faut encore donner du temps aux acteurs politiques pour assimiler cette nouvelle culture », a-t-elle avancé.

Dans le cadre de cette rencontre, la représentante du Groupe parlementaire socialiste (celui de l'Union socialiste des forces populaires), Aicha Galaâ, n'y est pas allée de main morte, non plus. Elle a critiqué la position du gouvernement qui, déjà dans sa déclaration d'investiture, n'avait pas accordé un chapitre propre aux femmes, « contrairement au gouvernement de l'alternance qui avait consacré tout un chapitre de sa déclaration gouvernementale à la question féminine », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté, par ailleurs, que malheureusement, même au sein de son parti, « des principes favorables à la cause féminine sont adoptés, mais qui sont, au niveau de leur application, confrontés à la mentalité de la supériorité masculine ». Par son action, la LDDF dit vouloir poursuivre son lobbying, à la veille des élections communales, pour pousser les acteurs politiques à prendre en considération, dans leurs programmes politiques, la question féminine.


Revendications
La Ligue démocratique pour les droits des femmes (LDDF) a élaboré un document qu'elle a baptisé « plate-forme en faveur des droits de la femme ». Dans ce document, l'association met en relief ses principales revendications. Il s'agit de 16 revendications à regrouper dans trois grands volets. Il s'agit, en premier lieu, des droits fondamentaux de la femme (égalité, partage des biens, caisse de solidarité …).

Il s'agit, en deuxième lieu, de la réduction du chômage féminin et la lutte contre la pauvreté (lutte contre la discrimination sur les lieux de travail, qualification professionnelle, assistance technique…). En dernier lieu, il s'agit de l'amélioration de l'accès aux services sociaux (droit à l'éducation, l'alphabétisation, accès à la santé…).

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