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Ada Meye Marie d’Emmanuel

Ada Meye Marie d’Emmanuel

– Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours et vos activités

Je m’appelle Ada Meye Marie d’Emmanuel, je suis gabonaise et j’habite à Libreville.

Je suis entrepreneur en fabrication de bijoux à base de coquillages de la mer au Gabon, donc artisane depuis 2016, je me rappelle que sortant de “prix import” ou je travaillais à l’époque en tant que gérante d’un magasin électroménager, c’était l’heure de la pose je suis allée en face au bord de mer étudier un chant de vie “louange”, en face de l’ancienne gouvernorat. J’étais assise sur le banc public et je répétais “hooooooo” tu es dieu des œuvres majestueuses, tu es …et j’ai été attiré par  quelque  chose qui brillait non loin de moi, je m’y suis approché et  j’ai constaté que c’était des tessons de bouteilles que la nature avait polie. Ils étaient si beaux que je me suis courbée  pour en ramasser quelques-uns. En ramassant j’ai senti par l’esprit quelque chose de lourd qu’on posait sur moi et dans le même instant la pensée m’est venue et j’ai dit à haute voix je vais faire des bijoux en coquillage. C’est comme ça que c’est venu ce don de faire des bijoux et je me suis mise quelque temps plus tard après un rappel de la pensée bien sûr.

J’avoue que c’était une découverte pour moi de même que cela l’était aussi pour celui vers qui je me tournais pour proposer mes bijoux car le gabonais ne connaissait pas la culture de fabrication de bijoux en coquillage. ..C’était presque du jamais vu. Alors les gens  me disaient souvent : ce sont des choses des blancs, il faut partir avec ça chez les blancs. C’était un peu frustrant mais en tant que gabonaise  et vendeuse je leur réponds en souriant, ce n’est pas que pour les blancs, Dieu a fait son partage, il a donné à chacun la part qui lui revient et ce qui est donné au Gabon est d’abord pour les Gabonais et ne saurait être pour les blancs mais ne vous inquiétez pas. Il n’est pas interdit que les blancs achètent vu qu’ils aiment bien l’art.

J’ai continué les ventes dans les restaurants après 19h l’heure de fermeture de mon lieu de travail à prix import. Ce n’était pas facile mais je persistais et j’ai entrepris de faire des expositions nationaux organisées par le ministère de l’artisanat, le ministère de la culture et des expositions organisées par les artisans eux même. Mes bijoux étaient appréciés, j’ai même fait une apparition dans une revue de presse écrite à la télévision et à la radio.. J’ai continué individuellement à faire des expositions  seule. Je passais toujours dans des restaurants car j’en avais pris l’habitude et vu que je n’avais pas de boutique. Les choses se faisaient positive, une évolution dans mes démarche se faisait ressentir et c’est ainsi que le COVID est venu tout rasé .alors là c’était la grande galère au milieu du désir de se protéger de la famine due au confinement, la vente un bijoux qu’on ne mange étais presque impossible.. j’avais commencé à épargner l’argent pour faire une formation à l’institut français.. j’ai continué dès que les mesures ont été revues en permettant quelques activités et plus tard je suis rentré dans une école de formation en secrétariat bureautique, dieu merci j’ai obtenu ces deux diplômes grâce à tous ces efforts et au non découragement car la crise due au COVID ne m’a vraiment pas raté avec un enfant en plus c’était difficile, je veux  vraiment avoir un autre travail et c’est très possible d’allier les deux.

Pour le moment je continue  de ramasser les coquillages sur la cote bien  que ce soit dangereux à cause des êtres mal intentionnés, j’ai  déjà failli être victime d’un viol de deux hommes. j’ai été sauvé que parce que les travailleurs du restaurant le phare du large  sur la côte étaient  venus à mon secours en entendant des criant d’appels aux secours. J’ai vraiment eu de la chance et j’espère en avoir toujours que dieu veille, merci.

la société sablière d’Owendo ou je ramassais des coquillages en sécurité a été fermé à cause du refus de renouveler le permis d’extraction du sable de l’eau. Les travailleurs sont au chômage et moi je brave à nouveau les dangers. c’était plus facile et le responsable m’avait autorisé en souhaitant m’encourager …et d’ailleurs je le remercie vraiment .je remercie aussi les responsables des restaurants : bodega, Sand Beach, voile rouge, Family Beach, nescafé et  Rivoli qui n’ ont jamais cessé de permettre que leurs espaces soient mon support de travail. Merci

– Pourquoi ce secteur d’activité ?

Je n’ai point choisi c’est ce qui m’a été donné par mère nature, cadeau du ciel qu’on ne refuse pas

J’étais allée pour étudier un chant de vie en face de l’ancien gouvernorat. Pendant que je répétais des vers du chant je fus attirée par des objets lumineux au sol. C’était des morceaux de tessons de bouteille que la nature avait polie en me courbant pour en ramasser car c’était jolie c’est à cet endroit même et a cet instant même que le cadeau du ciel m’est parvenu, et j’ai dit: je vais faire des bijoux en coquillage. Je ne connaissais même pas, c’était une découverte pour moi au même titre que cela l’était pour celui qui achetais mes bijoux à mes débuts.

– Quels sont vos projets à venir ?

Pour l’ heure je cherche un stage de formation en entreprise en tant que secrétaire ensuite je vais postuler pour un travail effectif pour exercer dans le domaine des compétences que j’ai acquis en formation, ce  qui me permettra d’allier les deux domaines” art et bureautique” avec une différence que je mettrais des gens  à la vente des bijoux de talent de mains, cela fera  aussi  du bien à certains.. nous en avons tous besoin,,,, celui qui a grandi a le devoir d’aider les autres aussi à grandir…. ensuite l’avenir nous guidera

– Quels sont les moments ou événements qui ont changé votre vie

Ma rencontre avec Yannick Ebibie pour booster la femme gabonaise par l’entreprenariat.

La participation de talent de mains à produire ma musique de vie (gospel) single de trois titres actuellement sur YouTube. Mes différentes formations soutenues par talent de mains et diplômes obtenus

– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Lève-toi et le ciel t’aidera, ne néglige jamais les dons naturels car Dieu est grand dans tous ce qu’il fait. Arme toi de courage, d’envie de vivre, de patience, supporte les épreuves même si elles sont humiliantes, dévêtit toi de l’orgueil du faible mais porte la fierté de la dignité. N’oublie jamais que l’avenir promet le meilleur à celui qui se lève  dans l’esprit de bien faire et symbolise le courage…il n’est jamais trop tard

– Votre avis sur la situation de la femme au Gabon

La femme dans mon pays est réduite a elle-même, elle n’a ni père, ni mère, ni frère, ni sœur, elle n’a pas de mari, je ne parle même pas d’époux alors elle doit faire face aux devoirs et aux responsabilités exigeant de l’existence. Mère abandonnée, elle doit se battre pour le bien de ces enfants et le sien. Comprenant cela elle s’est mise dans tous les domaines d’efforts par le travail afin qu’elle ne soit pas la meurtrière d’elle même aussi travail elle avec acharnement relevant tous les défis  afin de pouvoir s’occuper de sa progéniture, sa première préoccupation …

– Votre avis sur le site ?

J’avoue que j’ai négligé en recevant votre invitation à cause de ces nombreux blagueurs qui envoient des messages. quand vous m’avez contacté une seconde fois, je suis allée visiter et je me suis rendu compte du grand travail que vous faites à encourager et faire connaître toutes ces femmes qui travaillent  au quotidien pour le meilleur de l’héritage que chacune d’elle a laissé sur la terre…et je vous félicite vraiment beaucoup tout en vous remerciant pour cette grande porte d’ opportunité que vous ouvrez à l’ agent féminine réseau

– Dernier mot ?

Si vous me permettez, je voudrais tout simplement interpeller les grands, c’est a dire: ceux qui ont  des entreprises bien établies et stables et ceux qui ont les possibilités et moyens d’aider ceux qui tâtonnent ou qui n’ arrivent pas à grandir afin leur venir en aide car aider un entrepreneur, c’ est donne la mains d’aide à plusieurs individus, c’est soutenir plusieurs familles car derrière chaque travailleur se cache une famille donc une histoire.

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Mars 2022

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