Close

Nathalie GOUIFFE EDIMO KOUOH

Nathalie GOUIFFE EDIMO KOUOH

Nathalie GOUIFFE EDIMO KOUOH

– Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours et vos activités

Nathalie GOUIFFE EDIMO KOUOH, Je suis née et j’ai grandi au Cameroun, et après mon bac, je suis allée faire des études de Langues Etrangères à Angers en France et ensuite en Grande Bretagne. Puis j’ai fait des études de Management d’entreprise à L’ISG Paris.

Je suis mariée et j’ai 2 enfants. Je suis revenue au Cameroun il y a environ 12 ans, car non seulement je voulais que mes enfants y grandissent, mais je ne trouvais pas ma place en Europe au niveau professionnel.

– Et votre vie professionnelle

Après avoir travaillé dans le marketing en France et en Italie où j’ai déménagé après mon mariage, j’ai été recrutée au sein de la BGFIBank Cameroun lors de l’ouverture de sa filiale locale. N’étant pas très à l’aise avec les chiffres, j’ai ouvert EBONY HAIR CARE, le premier Institut de beauté spécialisé pour cheveux crépus et frisés à Douala, et créé la marque BISSA’A Cosmetics qui répond aux besoins spécifiques de ce type de cheveu. J’ai démissionné de la banque 2 ans plus tard pour pouvoir me consacrer exclusivement à mon entreprise. Récemment, un deuxième Institut EBONY HAIR CARE a vu le jour dans la ville de Yaoundé.

Le personnel de l’entreprise est à 85% féminin, un choix qui n’est pas anodin, car j’ai été marquée par la maltraitance subie par une ancienne collègue au retour de son congé de maternité quand nous travaillions dans une grande entreprise européenne.

– Et pourquoi les industries de la beauté ?

J’ai choisi ce secteur parce que j’ai toujours été passionnée par tout ce qui concerne la beauté de la peau et des cheveux. Cette passion me vient de ma mère qui est très coquette. Lorsque j’ai décidé de créer mon entreprise, j’ai pris un risque, celui de me lancer dans un secteur qui me passionnait, mais dans lequel j’étais complètement autodidacte. Mais les formations, alliées au gout du travail bien fait m’ont permis de m’améliorer et de me perfectionner au fil des années.

– Quels sont vos projets à venir ?

Développer les ventes des produits BISSA’A Cosmetics à l’international me tient à cœur. Au niveau local déjà, le manque d’infrastructures routières ne nous permet pas de nous déployer comme nous le souhaiterions.

Je reçois également du monde entier beaucoup de demandes de formations sur les soins et la coiffure sur cheveux crépus et frisés, donc ce volet est en pleine préparation.

– Quels sont les moments ou événements qui ont changé votre vie

  • Mon mariage avec mon ange-gardien, mon mentor, mon soutien inconditionnel. Mon mari a rendu cette aventure possible et est toujours présent et disponible pour m’apporter son aide.
  • La naissance de mes enfants qui a complètement changé ma vie et m’a fait comprendre ce qui était essentiel.
  • Mon retour au Cameroun et l’entrée à la banque qui a été le point de départ d’une nouvelle vie, car effectuer un travail qui ne me plaisais pas m’a permis de réaliser que j’avais beaucoup de potentialités non exploitées.

– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Pour réussir, les femmes doivent se libérer des chaines mentales et culturelles, choisir un métier qui les passionne réellement, sans faire cas des influences des proches. Être honnête avec soi-même est indispensable pour pouvoir avancer de manière sereine dans la vie. S’armer de patience, car rien n’est facile et si elles croient suffisamment en elles et qu’elles travaillent, elles réussiront quelque soit le domaine qu’elles auront choisi.

– Votre avis sur la situation de la femme au Caméroune

Le Cameroun est appelé « l’Afrique en miniature », ce qui signifie qu’il y a une grande diversité au niveau du climat, de la culture, des langues… La femme au Cameroun jouit en général de sa liberté et les lois la protègent assez, mais il reste encore des progrès à faire dans certaines régions ou le poids de la culture les cantonne à certains rôles dévalorisants.

– Votre avis sur le site ?

Il est rempli de femmes fortes, courageuses et inspirantes provenant d’horizons et ayant des parcours divers. C’est un honneur pour moi d’y figurer également.

– Dernier mot ?

La femme a des possibilités infinies et il reste encore beaucoup d’efforts à faire avant qu’elle n’occupe les postes qui lui reviennent en réalité. Les jeunes filles doivent être encouragées à poursuivre des études scientifiques, car elles sont encore peu nombreuses dans ce type de filières, en dépit du fait qu’elles en aient les capacités. Elles doivent savoir qu’elles peuvent exercer le métier de leurs rêves, quel qu’il soit et qu’elles ne doivent poser aucune limite à leurs aspirations.

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Avril 2022

scroll to top