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Habi Gerba

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Habi Gerba

Âgée de 30 ans, Habi Gerba a un désir de diversification des membres de la JCCM, de mettre de l’avant de plus en plus de profils qui résonneront auprès de multiples communautés. « Il y a un manque, dans certaines communautés, de visages qui nous ressemblent auxquels on peut se référer, dit-elle. Je veux poursuivre dans cette voie. Je n’aurais pas accepté [le poste] autrement. Toutes les organisations ont un désir de croissance. Or, on se limite quand on ne change pas le message. »

 

Transparente, Habi Gerba affirme en entrevue qu’elle n’a pas un intérêt démesuré pour les regroupements, les chambres et autres associations. « Je suis un peu contre le modèle des chambres de commerce, admet-elle. Ce n’est pas réaliste de devenir membre de plein de regroupements, de grappes. J’aime arriver avec un regard extérieur pour participer à la réflexion, pour changer l’offre de services. Je veux travailler pour les non-convaincus. »

 

La nouvelle présidente est pourtant convaincue de l’utilité de réseauter, de côtoyer des gens d’affaires de différents horizons. En ce sens, elle est faite du même moule que sa mère, la sénatrice Amina Gerba, Camerounaise arrivée au pays en 1986, présidente-fondatrice de Laboratoires Kariliss (produits capillaires) et qui a été présidente d’Entreprendre ici et de Forum Afrique Expansion.

 

« Je ne suis pas fervente des associations, mais je suis convaincue du pouvoir du réseau, confirme Habi Gerba. Quand mes parents sont arrivés ici, il y avait un défi de sortir des gens de leur communauté. Ils m’ont répété qu’en sortant, il y a de nouvelles opportunités. S’ouvrir vers d’autres gens de divers domaines confère du pouvoir. Les entrepreneurs ont le devoir d’ouvrir leur esprit et d’alimenter les autres. Ça a réussi pour ma mère et tous les entrepreneurs qui ont un réseau très varié. L’ingrédient est de créer des relations avec des gens de pleins de secteurs d’activité. On trouve alors des personnes pour nous aider, peu importe ce qui arrive. Et il y a toujours de la nouveauté. »

 

Celle qui a grandi à Montréal-Nord souhaite voir des communautés créer des liens aussi pour s’enrichir sur tous les plans et changer des trajectoires sans avenir qui semblent déterminées d’avance pour certains groupes. « Malgré l’inconfort d’être toujours la seule Noire dans sa chambre de commerce à l’époque, ma mère a compris et a appris très tôt à ses enfants que sortir de sa communauté et élargir son réseau lui permettaient de faire tomber certaines barrières, changer les perceptions, mieux comprendre le système et surtout découvrir de nouvelles opportunités. Ce n’est pas tout le monde qui a cette chance. Ça me touche énormément. C’est la raison pour laquelle, avec cette nomination, je souhaite parler et convaincre les groupes encore sous-représentés qu’ils ont tout autant à gagner à faire partie d’un écosystème connecté, diversifié et inspirant. »

 

La JCCM compte actuellement 1400 membres. Sous sa présidence, Habi Gerba souhaite une augmentation de 30 % de ceux-ci grâce à de nouvelles initiatives et à de nouveaux partenariats. « Mais au-delà de l’augmentation, ma priorité, c’est la rétention, précise-t-elle. Pour moi, ça a peu de valeur d’aller chercher de nouveaux membres si on n’arrive pas à garder ceux qu’on a déjà. »

 

Son mandat s’amorce alors que les contacts professionnels en personne sont limités à cause des restrictions sanitaires. « C’est un défi, car c’est difficile de créer de vrais liens en virtuel, dit Habi Gerba. Mais je suis optimiste. »

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