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Ghita ZAKANY

1- Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours et vos activités

Bonjour, je suis Ghita ZAKANY, jeune fille de 25 ans native de la capitale économique du Maroc, je suis juriste d’affaire au sein d’un cabinet de consulting et de commissariat aux comptes.

Après avoir obtenu ma licence en droit public, j’ai intégré mon premier master en Droit public, Droit administratif en l’occurrence et en marge de mon parcours de juriste publiciste, je me suis orientée à postériori vers un deuxième master couvrant un domaine plus vaste à savoir le droit des affaires et la Fiscalité afin de corroborer et de renforcer davantage ma formation initiale.

Accessoirement, à mon métier de juriste d’affaires, je suis styliste intrusive pendant mon temps libre.


2- Et votre vie professionnelle

La diversification de mon champ d’étude m’a permis d’assimiler toutes les problématiques juridiques et de surpasser cette distinction entre le droit public et le droit privé afin de s’interroger sur l’unité nécessaire du Droit. Cette distinction qui ne semble plus avoir de sens idéologique compte tenu de l’interpénétration et l’enchevêtrement entre les deux. A l’instar du Maroc, les Etats unis ont pris conscience de la nécessité de mixer non seulement le droit privé avec le droit public mais plutôt de coupler et le droit et l’économie. Etant donné que le droit n’est plus considéré comme un instrument de justice mais plutôt une discipline pragmatique efficace.

En effet, face à la complexité du domaine juridique de plus en plus frappant, la nécessité de la maitrise et du droit administratif et du droit des affaires se présente comme étant la stratégie idéale pour promouvoir son profil professionnel et d’accéder à des métiers ou les deux disciplines seront sollicitées à l’instar des métiers du consulting juridique.

3- Et pourquoi ce secteur d’activité

Le métier de juriste est un métier où on est au service des autres pour résoudre les problématiques juridiques, mais surtout de faire les préventions autrement dit apporter des solutions avant la naissance des problèmes.
Les activités phares du juriste est d’emblée faire de la veille juridique de sorte qu’on soit toujours à la page, faire du consulting et de l’expertise juridique, d’aider les entreprises dans ses projets et de s’assurer que ces derniers respectent la réglementation et de prévenir les éventuels risques. En somme le champ d’action du métier en question n’est pas exhaustif et ne se contente pas d’aller plaider devant les juridictions mais s’étend à une panoplie d’activités juridiques qui encourent à la solution des problèmes d’organisation de la vie des affaires.
Le métier de juriste se résume en 3 grandes missions ; détecter l’éventuel risque, l’évaluer et le couvrir dans le cas échéant.
Tout le monde connait le métier d’avocat, tout le monde connait le métier de Notaire, Mais peu de monde connait le métier de juriste d’affaire. Car il est en interne de l’entreprise.
Pendant longtemps le juriste était l’homme de recouvrement de créances et du contentieux. D’ores et déjà, le domaine du juriste a pris de plus en plus d’ampleur, les questions juridiques apparaissent à tous les niveaux au sein de l’entreprise, les prérogatives du juriste s’étend à questions de plus en plus complexes, notamment le Cloud, le Big Data, la protection des données (…)
Sa particularité s’inscrit dans la durée, c’est un métier d’indépendance, le bon juriste n’est pas un béni oui oui qui va dire oui à ses clients ou à son supérieur, c’est un métier qui impose d’avoir une rigueur intellectuelle, une force de conviction
Sa mission principale est de défendre l’entreprise, d’assister le chef d’entreprise dans la prise de décision. C’est aussi un métier de contact, étant donné que le juriste est toujours amené à concerter avec tous les départements

4– Quels sont vos projets à venir ?

Etant toujours en phase de croissance professionnelle, la nécessité de pratiquer le droit au sein des cabinets juridiques ou au sein de n’importe quelle autre structure se veut à priori l’idée la plus convenable pour un juriste qui est toujours en stade de forger sa carrière. Certes, le monde d’entreprenariat demeure un foyer incontournable.

5- Quels sont les moments ou événements qui ont changé votre vie

L’échec est en général perçu négativement, Toutefois, il est le fondement de la réussite
Comme disait la fameuse citation « la vie est faite de hauts et de bas, il nous appartient de hisser le bas vers le haut et de maintenir le haut sur les cimes ». Au quotidien, que ce soit à l’université ou ailleurs, tout le monde connaît des échecs. Ceci est une réalité de la vie à laquelle on doit se faire.

Comme toute autre personne encline à des mauvais calcul dans la vie, j’ai suivi des études raisonnablement longues, voire thésardes, dans un domaine où je savais pertinemment que les places disponibles ne sont qu’une goutte dans l’océan des candidats à savoir le droit administratif et plus particulièrement la décentralisation et la gouvernance.

Attendre les résultats qui trainent pour sortir d’un concours public pour in fine être écartée dès la première étape de présélection, Retenter une deuxième, troisième…une énième fois en vain, était pour moi comme une première déception difficile à avaler, et ce compte tenu de l’intitulé de mon master qui était hors cible. Le choix d’opter pour un deuxième master était l’ultime solution, et le seul refuge pour faire sortir du marasme professionnel.

Etant juriste d’affaires aujourd’hui est l’aboutissement d’une vraie persévérance, patience, et une grande volonté de se projeter dans l’avenir.

Cette expérience m’a conforté un postulat auquel je crois désormais : toutes les disciplines, quelles que soit leurs natures, répondent à une réglementation spécifique. Par conséquent, une double casquette permettra à son détenteur d’accéder à une connaissance plus accrue sur le sujet de la réglementation, et subséquemment une meilleure transparence quant à l’exercice des métiers à caractère réglementaire qui en découlent.

6- Votre avis sur la situation de la femme Marocaine

Jadis, une réalité dénuée de tout intérêt sévissait à l’égard de la femme portait sur le fait que cette dernière devait garderait que son foyer étant donnée qu’elle ne jouissait pas de la même endurance physique de l’homme et qu’elle ne pouvait par conséquent tolérer deux servitudes et du foyer et du travail. Ses missions se résumait en : l’élevage des enfants, l’épanouissement de son conjoint et quelques autres activités accessoirement aux tâches principales.

Sur le plan social et politique dont je dispose quelques connaissances modestes, la théorie des genres nous mène souvent à des tensions pour et fait régner un climat hostilité entre les deux genres.
Victimes de discrimination frappante, écartées de la société, les femmes sont parvenues au prix de longue résistance, à se frayer un chemin sur la voie de l’inclusion sociale et politique.

La présence aujourd’hui de la femme au sein du centre de décision que ce soit au Maroc ou dans la région MENA, est l’aboutissement d’une longue lutte. Dans le même ordre d’idée, La constitution de 2011 a consacré à travers l’article 19 une protection tous azimuts en faveur de la femme. En revanche et à l’instar de la CEDAW ( Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes) La loi 19-20 modifiant et complétant la loi 17-95, relatives aux sociétés anonymes s’est dirigée vers une féminisation des instances de gouvernance, en adoptant un quota progressif d’équilibre de genre de 40% à horizon de six ans.

Malgré tous les efforts déployés par le législateur au Maroc, le siècle 21 n’a pas sonné le glas de la discrimination. La loi de famille peut nous servir d’exemple dont la femme ne peut être tutrice de ses enfants.

La question de la discrimination est un sujet impossible à trancher et ne peut entièrement être désamorcé ni par les revendications de la femme ni par des textes juridiques, mais par une forte conviction personnelle qui renvoie à un esprit de complémentarité qui rassemble les deux par-delà de leurs genres et de percevoir cet universel en un fond commun d’humanité reliant les uns aux autres en une seule race qui est la race humaine.

7– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

je saisis l’occasion à travers cette plateforme non seulement pour apporter quelques conseils mais plutôt pour saluer d’abord les femmes du monde qui ont fait preuve d’une parfaite conciliation entre la vie professionnelle et le foyer qui semble à priori une équation difficile à atteindre, aux femmes généreuses en terme d’hospitalité, d’implication au niveau de travail, de sacrifice, aux femmes qui subissent une pression, un harcèlement conjugal, moral et sexuel tout en continuant à militer que ce soit dans un cadre professionnel ou professionnel, aux femmes qui se sont muées en des véritables militantes de sensibilisation au sein des ONG, des associations et d’autres cellules d’intervention pour mettre en branle leurs droits .

Si j’ose donner un conseil, je penserai sans doute à conseiller les femmes de trouver le juste équilibre entre ce qu’elles doivent faire et ce qu’elles désirent faire de sorte à ce qu’elles soient à l’écoute de leurs propres rythmes et de leurs propres besoins. Et surtout de ne pas passer leurs temps à accomplir des tâches ou des activités exogènes.

8– Votre avis sur le site ?

Contrairement aux idées reçues, les réseaux sociaux ne sont pas l’apanage des hommes, Sauf que très peu de plateformes qui sont dédiées aux femmes ou qui relèguent les droits de la femme au premier rang. lemondefeminin.com est un espace pour faire entendre sa voix, et de sensibiliser promouvoir et protéger les droits des femmes.

9– Dernier mot ?

Je tiens à remercier le site « lemondefeminin.com » pour l’opportunité qui m’a offerte afin d’exposer mon parcours académique, et surtout mon opinion sur le sujet de la Femme qui malheureusement souvent prise en étau entre société masculine et ségrégation.

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