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Monique van Maarschalkerweerd

Monique van Maarschalkerweerd

Monique van Maarschalkerweerd

– Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours et vos activités

Monique van Maarschalkerweerd, je suis née un vendredi matin, à l´aube, dans la belle ville d’Utrecht, aux Pays-Bas. Ma mère était femme au foyer et mon père moniteur de sport professionnel dans l´Armé. 

Mes parents avaient vécu la guerre. Le pays était en reconstruction. Un foyer modeste qui voulait s´en sortir, mais surtout qui voulait que leurs deux enfants s´en sortent encore mieux qu´eux. Mon frère est devenu dentiste et moi j´ai décroché une poste auprès du Ministère des Affaires Sociales et de l´Emploi et j´ai été envoyé á l´Ambassade des Pays Bas á Bruxelles. 

Mon père, qui avait été joueur de football professionnel pendant quelques années, était avant-gardiste et voulait que je fasse du sport. Gymnastique, natation, softball et équitation étaient mes préférés. Le sport pour équilibrer les bobos de la vie, le sport pour un équilibre physique et psychologique; le sport faisait intégralement partie de notre éducation. 

Mon père respectait beaucoup le travail de maison de ma mère. Jour après jour, elle travaillait infatigable pour créer un nid douillet et pour mettre un bon repas sur la table pendant que lui gagnait le pain quotidien. Un bon tandem, à l´image de la plupart des couples néerlandais de l époque où l´épouse était femme au foyer. Cependant, les femmes commençaient à travailler et mon père souhaitait pour moi que je devienne une femme indépendante. 

A Bruxelles j´ai construit petit à petit une vie indépendante économiquement :  un bel appartement, une nouvelle voiture, des sorties, des voyages.  Ma grand-mère me demandait toujours si j´avais trouvé un futur mari, et moi je pouvais choisir de laisser entrer dans ma vie l´homme de mon choix.

C´est à Bruxelles où je me suis lié d´amitié avec des étudiants Marocains.  Avec eux, j´ai fait mes premiers pas dans ce pays magnifique qui  me colle à la peau et que je parcoure a plaisir. C´est à Bruxelles que j´ai rencontré mon mari et ensemble nous avons eu 3 beaux garçons.

En 2001, toute la famille est partie en Espagne pour de nouvelles aventures. J´ai choisi alors de démissionner pour devenir une mère à plein temps  et me consacrer à l´éducation de nos 3 garçons. Je souhaitais leur transmettre des valeurs, le respect des autres et le respect des femmes. Un objectif simple: aider nos enfants à s´épanouir, à entrer dans la vie et à apprendre à en partager les beautés. Aujourd’hui´hui, ils sont adultes, 3 hommes équilibrés, sereins, aimants, capables de faire des milliers de kilomètres pour aller passer un moment d´émotion avec leurs grands parents.

Nous ne sommes pas toutes nées pour faire des choses grandioses. Certaines femmes arrivent à bouger des montagnes et changer le monde, d´autres jouent un rôle plus modeste mais essentiel dans le façonnage de la société. 

Chérissons et défendons les efforts de générations de femmes. Elles ont lutté pour nous, les femmes d’aujourd’hui´hui. Grâce à elles, nous avons obtenu des droits que nous devons défendre: le droit de vote, d´avoir un compte en banque, d´étudier, d´aimer librement ou de divorcer pour n´en mentionner que quelques uns. 

La mère est le premier rempart de défense du droit des femmes. Elle est la lumière qui guide les pas de l´enfant loin des obscurantismes. Elle construit, elle structure, elle enseigne le respect. Toujours à l´écoute, elle façonne la prochaine génération, celle qui devra faire progresser encore notre civilisation vers une harmonieuse complémentarité des sexes.  

Ces 30 ans de partage et de transmission de valeurs à mes enfants ont enrichi mon existence. Les voir prendre leurs rôles actifs dans une société moins gendrée me conforte dans mes choix de vie. Ma petite contribution à la gloire de la femme et de notre famille.

Toutes les mères ont une chance d´apporter leur grain de sable à la société. Nous les mères ont le devoir d´apprendre a nos enfants le respect des autres et plus particulièrement apprendre aux garçons à respecter les filles. De par nature, l´homme possède une force physique supérieure à celle de la femme. C´est à nous les mères d´apprendre à nos garçons à s´en servir à bon escient et non pour dominer,  de former des futurs époux et pères responsables qui mettent en valeur la complémentarité des 2 sexes dans la famille et dans la société.

 

La société á besoin des deux, des hommes et des femmes. Chacun joue son rôle et ensemble nous avançons . Une société juste et équilibrée offre les chances aux deux genres. 

Il y a encore beaucoup de chemin a faire pour aider les filles a atteindre  leur indépendance physique, économique et émotionnelle. Continuons nos efforts pour y arriver.

 

– Quels sont les moments ou événements qui ont changé votre vie

Il y a 8 ans, ma vie a pris une courbe inattendue. Je me suis vue obligée de me réinventer. J´étais obligée de réintégrer le marché du travail après une longue absence et dans un pays différents. Pas facile ! Je n´avais plus l´age d´espérer une belle carrière ni parlais-je l´espagnol de manière suffisante pour rêver une ascension a l´intérieur d´une société locale. Quand on m´a présenté une possibilité de travailler pour mon compte je l´ai embrassé avec mes deux bras ! Aujourd’hui j´ai une petite équipe internationale et nous distribuons nos produits, dans le domaine de l´anti-vieillissement et soin personnel, dans plusieurs pays dans le monde.

 

 – Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Mon conseil pour les femmes qui veulent réussir: éduquez-vous, fixez-vous des objectifs, n’écoutez pas les commentaires décourageants des gens autour de vous. Croyez en vous. Grâce à la technologie moderne plus de femmes ont accès à tous les outils de développement. Faut s’en servir. N’hésitez pas à demander de l’aide. Rêvez et réalisez vos rêves!

– Votre avis sur le site ?

Je trouve ce site et tous les sites pour et par les femmes incroyablement utile et nécessaire. Je remercie au nom de toutes mes femmes tout ceux qui aide à notre développement. 

– Dernier mot ?

Je suis heureuse de voir de plus en plus de femmes, au Maroc et ailleurs, monter sur les plus hauts scènes de la vie économique, sociale, scientifique et gouvernementale. J’encourage ces femmes d’aider leurs sœurs d’avoir un plus large accès a l’enseignement et l’éducation de manière à épanouir même les moins chanceuses.  

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Janvier 2022

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